Ou la symbolique du Serpent, désigne à la fois le divin féminin et les fils-de-la-Mère.Mélusine, dont l’époux, Raymondin, découvre horrifié
qu’un jour par semaine, le vendredi, sa femme si bonne et si douce
redevient à son insu l’antique Serpent, ce féminin divin originel
démonisé par l’ordre patriarcal, qu’elle n’a jamais cessé d’être.
C’est-à-dire que l’effroi de l’époux (l’homme patriarcal) se déclenche
lorsqu’il aperçoit la dimension sacrée
du féminin, soigneusement refoulée en patriarcat. Et lorsqu’il veut
dominer Mélusine et la réduire à la seule dimension humaine (son
épouse), en lui interdisant la dimension divine (la maudissant d’être
aussi le Serpent), elle n’a d’autre choix que de le quitter. Car rester
avec lui reviendrait à nier ce qu’elle est par nature : corps terrestre
et âme divine. Le conte de la Fée Très significativement, elle s’envole dans les airs, au-dessus des tours du château, retrouvant ses ailes et redevenant ainsi le Dragon, Serpent ailé, comme Humbaba, la Déesse démonisée du cycle de Gilgamesh. On notera que la trame de l’histoire est la même que pour Lilith : Lilith aussi s’envole du Jardin d’Eden qu’elle ne peut partager avec Adam, l’Epoux, l’homme dominant, son ennemi. Il faut rappeler que l’amant temporaire de la reine/grande prêtresse était censé renaître après sa mort sacrificielle, sous la forme du Serpent oraculaire, messager de la Terre Mère. Extrait du livre "les dieux menteurs" de Françoise Gange.

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